L’entretien annuel de son gazon passe par différentes phases : éliminer la mousse, arroser son terrain, le tondre etc. On doit aussi, à certains moments, fertiliser son gazon. Pour cela, on va déposer (on appelle ça « épandre ») du compost ou de l’engrais pelouse, pour apporter des éléments nutritifs à l’herbe de son terrain.

Pourquoi apporter des éléments nutritifs ? Tout simplement parce que la terre n’en contient plus assez pour combler les besoins des herbes. On dit que la terre n’est plus assez riche. Et ces éléments nutritifs, comme les minéraux, sont essentiels pour l’herbacée. Ils lui permettent d’avoir une croissance normale, d’être en bonne santé, de développer ses racines etc.

Une petite parenthèse sur les autres besoins vitaux d’une herbacée. En plus de ces éléments nutritifs, l’herbe a un besoin essentiel :

  • d’eau. Si les herbes venaient à en manquer, pour éviter la déshydratation, on va tout simplement arroser son terrain.
  • d’air. Si on constate une asphyxie de son gazon, on pourra scarifier son terrain (si une couche de feutre en est à l’origine) ou l’aérer (si la terre est trop compacte).
  • de lumière. Avant de planter son gazon, il faut en choisir un spécial pour les zones ombragés.

Comme ces derniers besoins, les éléments nutritifs sont vitaux pour les herbacées. Ils peuvent provenir de différentes sources :
de compost ou d’amendement. Idéalement, à déposer après avoir réaliser une aération ou une scarification, afin que les minéraux pénètre bien dans le sol et soit au plus près des racines. L’amendement, contrairement au compost, permet de modifier la structure du terrain. Par exemple la chaux permet d’augmenter le pH d’un sol acide (l’acidité est néfaste pour l’assimilation des éléments nutritifs par l’herbe).
d’herbicyclage, qui consiste à laisser les résidus de tonte sur son terrain. La dégradation de ces brins d’herbe permet de couvrir jusqu’à 30% des besoins en éléments nutritifs de la plante, mais nous en reparlerons.
de l’engrais, qui existe sous différente forme (granulaire, liquide), d’origine diverse (naturelle, synthèse), et à libération lente ou rapide.

C’est de cette dernière source que l’on va parler ici : l’engrais pelouse.

Avant de voir en détail de quoi il est constitué, comment le choisir, l’épandre, le matériel à utiliser etc., voici une règle d’or : « pour que la fertilisation de son terrain soit efficace, il faut utiliser la bonne dose d’un bon engrais, à la bonne période de l’année et dans les bonnes conditions ». Tout manquement à cette règle peut avoir des effets plus ou moins néfastes : au mieux l’engrais sera moins efficace, au pire vous pouvez brûler votre pelouse et polluer votre terrain.

Qu’est ce qu’un engrais ?

Un engrais, en particulier l’engrais pelouse, est donc une substance qui sert à enrichir le sol pour apporter des éléments nutritifs aux végétaux. Cela ne sert pas uniquement pour les herbacées ; on trouve des engrais pour à peu près toutes les variétés de plantes : orchidées, bonsaïs, mais aussi légumes, arbres fruitiers etc.

L’engrais pelouse peut se présenter sous différente forme : granulaire, liquide, en poudre. On en trouve d’origine naturelle ou de synthèse. Enfin, il en existe à libération lente (c’est à dire qu’il relâchera une petite quantité de produit mais sur une longue durée), ou au contraire à libération rapide. On trouve aussi cette dernière forme sous l’appellation “libération à effet immédiat” ou “effet coup de fouet”.

Il est plutôt conseillé d’utiliser de l’engrais à libération lente, qui permettra de diffuser des éléments nutritifs pendant une longue période, au fur et à mesure des besoins de la pelouse. On trouve habituellement cet engrais sous forme de granulée. Cette solution permettra de diminuer les risques de pollution et de surdosage.

On utilise plus rarement l’engrais à libération rapide, que l’on trouve plutôt sous forme liquide ou sous forme de poudre. En effet, même si les effets sont beaucoup plus visibles, par exemple au niveau de la couleur ou de la pousse de la pelouse, cela doit rester une solution ponctuelle, car l’effet est limité dans le temps. Du fait de l’absorption rapide et de la libération de la totalité des éléments, le risque de surdosage est beaucoup plus élevé avec ce type d’engrais.

Décrypter la notice d’un engrais

Derrière les paquets d’engrais, on trouve habituellement certaines informations importantes, qu’il va falloir regarder pour choisir l’engrais pelouse adéquat :

  • la composition, qui est sans aucun doute l’élément le plus important à regarder. Il est constitué de trois chiffres, par exemple 4-2-8. Ces trois chiffres représentent la proportion des trois éléments chimiques les plus importants : l’azote, le phosphore et le potassium.
    la dose à appliquer sur le gazon. Elle s’exprime habituellement en grammes par mètres carrés, par exemple 40 grammes par mètres carrés.
    la période où appliquer l’engrais, par exemple entre mars et octobre pour les engrais à libération rapide, ou au début du printemps pour les engrais à libération lente.
  • les consignes de sécurité liées à l’utilisation du produit.
  • des conseils sur la manière de bien fertiliser son terrain.

Les trois éléments chimiques principaux sont donc l’azote (de symbole N), le phosphore (de symbole P) et le potassium (de symbole K). On les retrouve toujours dans cet ordre quand on utilise les trois chiffres pour décrire un engrais (par exemple un engrais 18-2-6 contiendra une proportion de 18 éléménts d’azote N pour 2 proportions de phosphore P et 6 proportions de potassium K).

Ces éléments chimiques ne jouent pas le même rôle dans la fertilisation d’une herbe :

  • l’azote (N) est essentiel pour la croissance et couleur des feuilles.
  • le phosphore (P) est utile pour la croissance des racines et des tiges.
  • le potassium (K) renforce la santé générale de la plante : elle luttera mieux contre les maladies, la sécheresse, les champignons etc.

Excepté au moment où l’on plante son gazon, on conseille d’utiliser un engrais pelouse avec peu voir pas du tout de phosphore. Car en développant trop les tiges des herbes, on risque d’étirer le végétal et de l’affaiblir.

De la même manière, on utilise pas les mêmes engrais suivant les saisons, car les besoins des herbacées ne sont pas les mêmes avant et après l’hiver. Ainsi :

  • au début du printemps, on va préférer un engrais riche en azote, par exemple 18-2-6. Ainsi, on va favoriser la croissance du gazon à la sortie de l’hiver.
  • en automne, on utilisera plutôt un engrais riche en potassium, par exemple 8-5-15. Les herbes ont en effet besoin de s’endurcir et de se préparer pour la saison hivernale, en favorisant la mise en réserve et le développement des racines.

Pourquoi faut-il fertiliser son terrain ?

Nous l’avons vu en introduction, pour être en bonne santé, le pelouse a besoin d’éléments nutritifs. En fait, comme la quasi totalité des végétaux, elle a besoin aussi de lumière, d’oxygène et d’eau (mais nous ne parlerons pas de cette partie ici).

Idéalement, les éléments nutritifs sont déjà contenus dans le sol, et on n’a pas besoin d’ajouter d’engrais. Il faut pour ça que la terre soit naturellement fertile, bien aérée, et riche en matière organique. Il faut aussi que le pH soit équilibré, afin que les minéraux soient bien assimilés par les herbes.

Mais même dans ces conditions idéales, et d’autant plus si l’un des facteurs n’est pas parfait (par exemple le terrain est un peu trop acide), le sol peut s’appauvrir. Les éléments nutritifs viennent alors à manquer, et il faut apporter de la nourriture au sol : avec de l’engrais pelouse par exemple.

Attention, les herbes n’ont toujours besoin d’apport d’éléments nutritifs tout le temps. On peut distinguer par saisons :
le printemps, qui est une période de croissance où les herbacées ont besoin d’engrais, principalement pour la croissance et la couleur des feuilles.
l’été, où la pelouse entre dans un état que l’on nomme dormance, et où elle n’a pas besoin d’éléments nutritifs.
l’automne, où de nouveau il faut mettre de l’engrais pelouse, cette fois plutôt pour développer les racines et fortifier l’herbe en prévision de la dure période hivernale.
l’hiver, où, comme en été, la pelouse n’a pas besoin d’éléments nutritifs.

Si l’on apporte des éléments nutritifs à la plante alors qu’elle n’en a pas besoin :

  • d’une part cela ne servira à rien, puisque la plante n’est pas en état d’absorber ces éléments.
  • d’autre part, cela gâche de l’engrais.
  • enfin, cela risque de polluer votre sol, puisque les éléments non assimilés par la plante resteront dans le sol.

Comment épandre de l’engrais sur son gazon ?

Certaines étapes préliminaires doivent être réalisées avant de se lancer dans l’épandage :

  • commencez par tondre votre gazon quelques jours avant la date souhaitée pour la fertilisation.
  • calculez la surface totale du gazon qu’il faudra épandre.
  • faites un test de pH à l’aide d’un testeur de terrain, vendu en jardinerie.
  • à l’aide de ces derniers paramètres, et de la période de l’année, vous pouvez acheter la bonne quantité d’engrais, en vous faisant conseiller en magasin où en regardant tout simplement les notices.

Si vous prévoyez prochainement de scarifier votre gazon, ou de l’aérer, il est préférable de le faire avant de fertiliser votre terrain. En effet, les trous dans le sol permettront de bien enfouir l’engrais dans la terre ; il sera ainsi plus vite absorber par les racines.

Avant de mettre de l’engrais pelouse, arrosez très légèrement votre terrain. Cela permettra de coller les granules ou la poudre, et de commencer à dissoudre les éléments chimiques.

Vous pouvez ensuite passer à la phase d’épandage, c’est à dire le moment où vous allez déposer de l’engrais sur votre pelouse. Pour cela :

  • soit vous dispersez l’engrais manuellement, en quadrillant par exemple au préalable votre terrain pour ne pas oublier de parties. Cette méthode nécessite un peu d’habitude, pour que le fertilisant soit bien réparti de manière homogène.
  • soit vous utilisez du matériel spécialement conçu pour verser une quantité paramétrable de produit sur le sol. Cet appareil s’appelle un épandeur.

Dans tous les cas, il faut procéder en deux passes croisées, afin de limiter les imperfections. N’oubliez pas que si une partie du terrain est trop exposée par rapport à une autre, cela risque de se voir : on pourrait en effet apercevoir des lignes de pelouse plus vertes, plus fournies et qui poussent plus vite sur les parties où il y a eu surfertilisation.

Ensuite, surtout si l’engrais pelouse est à effet immédiat, arrosez beaucoup. Cela permettra de libérer les agents actifs, et d’empêcher l’envol des particules. Vous pouvez aussi terreauter votre pelouse. L’ajout d’un amendement permet en effet de stimuler l’activité microbienne, et d’améliorer la qualité du sol. Après avoir déposer ce terreau, n’oubliez pas de passer le râteau pour bien l’étaler sur le terrain.

Attention si vous vous trouvez près d’un lac ou d’un cours d’eau ! Pour limiter les risques de pollution, vous devez absolument laissez une zone tampon entre l’eau et la partie de terrain où sera déposé l’engrais. Longue d’au minimum 10 ou 15 mètres, cette zone tampon permettra d’empêcher la dispersion de l’engrais dans l’eau, ce qui pourrait contaminer et polluer le sol.

Quelques détails sur l’épandeur

Un épandeur est un appareil qui permet, comme son nom l’indique, d’épandre un produit sur le sol. L’avantage d’utiliser cet engin est que l’on peut étaler le produit beaucoup plus simplement et plus équitablement que si on devait le faire à la main.

On peut épandre plusieurs types de produit : de l’engrais, mais aussi du terreau, du compost, du fumier etc. Si on en a la possibilité, c’est donc un appareil à avoir, car il n’est pas trop onéreux et est multi-usage.

Bien qu’on en trouve aussi à usage professionnel (principalement dans le domaine agricole, sous forme de grosse remorque pouvant être tractée), nous allons nous intéressez uniquement à l’épandeur de jardin.

Il se présente sous forme d’un bac, monté sur des roues. Ce bac a une ouverture pour laisser passer le produit que l’on souhaite verser (ici l’engrais). Cette ouverture est redimentionnable, si bien qu’en modifiant sa largeur ou sa longueur, le débit global de l’épandeur varie.

Une fois que l’on a réglé cette ouverture, on n’a plus qu’à pousser l’épandeur sur son terrain, comme si l’on poussait un chariot au supermarché. Cela nécessite tout de même de faire un test sur une petite portion avant de se lancer. Pour cela, vous pouvez dessiner un carré d’un mètre de côté dans votre jardin, et vérifiez que le volume d’engrais qui sort correspond bien à ce que vous souhaitiez.

Pour augmenter encore la qualité de l’épandage, divisez le débit par deux, et faites deux passes croisées. Le résultat sera parfaitement homogène.

Une fois utilisé, pensez à bien le nettoyer, pour ne pas que le produit sèche. Ne l’utilisez pas tant qu’il est mouillé.

Pour conclure sur l’engrais pelouse

En résumé, les herbes, comme d’autres végétaux, ne trouvent pas toujours dans le sol les éléments nutritifs dont elles ont besoin. Il faut alors leur en apporter, en épandant de l’engrais pour pelouse. Celui-ci est représenter par trois chiffres, qui correspondent aux trois éléments principaux : l’azote (N), le phosphore (P) et le potassium (K).

Suivant les périodes, les plantes n’ont besoin de la même quantité de ces éléments : au printemps, on privilégiera un engrais riche en azote, tandis qu’en automne on en préférera plutôt un riche en potassium. Dans tous les cas, à part lorsque l’on plante son gazon, on évite d’utiliser un engrais avec trop de phosphore, qui fragiliserait les herbacées.

Un bon moment pour fertiliser sa pelouse est juste après une aération du sol, ou une scarification. Cela permet de bien faire pénétrer les agents actifs dans la terre. On utilise un appareil nommé “épandeur”, qui permet de régler le débit d’engrais que l’on va épandre sur son terrain, et qui peut aussi être utilisé pour verser d’autres produits (terreau, compost tamisé etc.).

Derniers conseils !

Dans le doute sur la quantité d’engrais à appliquer, préférez toujours la quantité la plus faible. Cela permet d’éviter les risques de surfertilisation, qui :

  • gâche du produit
  • abîme ou même brûle chimiquement la pelouse
  • la rends plus vulnérable : la surcroissance des tiges affaiblie affaiblie l’herbacée
  • nuit à l’environnement

Pour écologie, préférez des engrais dits naturels, c’est à dire sans phosphate. Pratiquez aussi l’herbicyclage, qui vous permettra de réduire jusqu’à 30% des besoins en engrais pelouse de votre gazon.